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Agents IA et données : ce qu’ils voient, quoi vérifier

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La réponse courte

Un agent IA voit ce que vous lui ouvrez : les e-mails, l’agenda, les fichiers ou les outils que vous connectez, rien de plus. Ces données sont stockées par l’éditeur de l’agent et envoyées, le temps d’une tâche, à un modèle d’IA. Avant de brancher, vérifiez quatre choses : quels accès sont demandés, où les données sont stockées et traitées, si elles servent à entraîner des modèles, et comment retirer un accès.

Nous éditons Extra, une plateforme d’agents IA : cet article est écrit par une partie intéressée. Les faits sur les autres outils et sur la loi viennent des sources citées en bas de page, à la date indiquée.

Que voit un agent IA de vos données ?

Un agent IA voit uniquement ce que vous lui donnez : les services que vous connectez (boîte mail, agenda, outil de facturation) et les fichiers que vous lui envoyez. Il ne fouille pas votre ordinateur, et il ne voit pas un outil que vous n’avez pas branché. La vraie question est donc moins « que peut-il voir ? » que « qu’est-ce que je lui ouvre, et pour faire quoi ? ».

Prenez un cabinet comptable de quatre personnes qui confie ses e-mails à un agent. En connectant Gmail, l’agent lit tous les messages de la boîte : ceux des clients, mais aussi les relevés bancaires reçus en pièce jointe et les échanges avec l’expert-comptable associé. C’est le prix du service : un agent qui ne lit pas vos e-mails ne peut pas y répondre. D’où l’intérêt de savoir, pour chaque accès, ce qu’il permet exactement.

Ce que vous connectezCe que l’agent voitCe qu’il peut faireÀ surveiller
Boîte mailMessages et pièces jointesTrier, rédiger, envoyerL’envoi : qui le décide ?
AgendaRendez-vous, participants, lieuxProposer, créer, déplacerLes rendez-vous privés dans le même agenda
Fichiers envoyésLe contenu du fichierLire, résumer, comparerLes données de tiers (salariés, clients)
Outil de facturation ou banqueFactures, paiements, soldesCalculer, relancerTout ce qui déplace de l’argent

Où vont vos données quand un agent travaille ?

Vos données font deux trajets. Elles sont d’abord stockées chez l’éditeur de l’agent (et chez ses hébergeurs), puis envoyées, pour chaque tâche, à un modèle d’IA qui produit la réponse. Ce modèle appartient souvent à un autre fournisseur, comme Anthropic ou OpenAI, et tourne souvent aux États-Unis.

Ce schéma n’est pas un problème en soi, mais il doit être dit. Un éditeur sérieux indique où les données sont stockées, quels modèles les traitent et dans quel pays. Si la réponse est floue (« dans le cloud », « de façon sécurisée »), posez la question par écrit.

Vos données servent-elles à entraîner les modèles ?

Chez les grands fournisseurs de modèles, l’usage professionnel par API n’entraîne pas les modèles par défaut. OpenAI écrit que les données envoyées à son API ne servent pas à entraîner ou améliorer ses modèles, sauf si le client choisit de les partager ; elles peuvent être gardées jusqu’à 30 jours pour la détection d’abus. Les conditions commerciales d’Anthropic, en vigueur depuis le 17 juin 2025, disent : « Anthropic may not train models on Customer Content from Services ».

Attention, cela vaut pour l’API et les offres professionnelles. La version grand public gratuite d’un assistant peut suivre d’autres règles. Et l’éditeur de l’agent, lui, a ses propres conditions : c’est elles qu’il faut lire. La CNIL rappelle qu’un sous-traitant ne peut pas réutiliser pour ses propres fins les données que vous lui confiez sans votre autorisation écrite, donnée au cas par cas après un test de compatibilité ; une autorisation générale ne suffit pas.

Que dit le RGPD quand vous confiez des données à un agent ?

Quand vous confiez à un agent IA des données de clients ou de salariés, vous restez responsable du traitement et l’éditeur de l’agent est votre sous-traitant. Concrètement, cela implique trois choses :

  • Un contrat qui encadre la sous-traitance (souvent appelé DPA) : demandez-le, il doit exister.
  • Votre registre des traitements : la fiche RGPD d’Entreprendre.Service-Public rappelle qu’une entreprise de moins de 250 salariés en tient un dès qu’elle traite des données de façon non occasionnelle, par exemple pour gérer ses clients. L’agent y figure comme sous-traitant.
  • L’information des personnes : votre politique de confidentialité doit mentionner que vous utilisez des prestataires, y compris hors de l’Union européenne s’il y a lieu.

Si l’agent parle directement à vos clients (au téléphone, par message), une règle de plus s’applique depuis le 2 août 2026 : l’article 50 de l’AI Act impose que la personne sache qu’elle échange avec une IA, sauf si c’est évident.

Quelles questions poser avant de brancher un agent IA ?

  1. Quels accès exacts demandez-vous (lecture seule, envoi, suppression) ?
  2. Où sont stockées mes données, et chez quels hébergeurs ?
  3. Quels modèles d’IA traitent mes données, et dans quel pays ?
  4. Mes données servent-elles à entraîner un modèle, chez vous ou chez eux ?
  5. Puis-je donner un accès à un agent sans l’ouvrir aux autres ?
  6. Qu’est-ce que l’agent peut envoyer ou payer sans me demander ?
  7. Y a-t-il un journal de ce que l’agent a fait ?
  8. Comment retirer un accès, et comment supprimer mes données si je pars ?

Un bon test : demandez à voir l’écran où l’on retire une autorisation. S’il n’existe pas, le contrôle n’existe pas vraiment.

Comment Extra traite-t-il ces questions ?

Extra (hello-extra.com), la plateforme d’agents IA pour TPE et PME, répond ainsi à ces questions, d’après sa page sécurité et sa FAQ. Une autorisation vaut pour un agent et un outil précis : ce que vous ouvrez à Pam, l’assistante, n’est pas ouvert à Jade, l’agent marketing. Les jetons d’accès Google sont chiffrés, et Extra demande la lecture et l’envoi des e-mails, la lecture et la gestion des événements, rien de plus. Les autorisations permanentes sont listées dans les réglages, avec un bouton « Retirer ». L’app garde un journal de chaque action : quel outil, quelle action, quand.

Côté stockage, les données sont chez Cloudflare et Supabase, en Europe de l’Ouest pour une entreprise française ; pour faire leur travail, les agents envoient le contenu des demandes à des modèles d’IA (Anthropic, OpenAI), qui le traitent aux États-Unis. Si votre activité exige que rien ne quitte l’Union européenne, Extra n’est pas le bon choix aujourd’hui. Notre article sur les agents qui demandent votre accord avant d’envoyer détaille le réglage des autorisations.

Quelles données ne jamais confier à un agent IA ?

Certaines données méritent de rester hors de portée d’un agent, quel qu’il soit :

  • les mots de passe et codes d’accès bancaires (un agent n’en a jamais besoin) ;
  • les données de santé de vos clients ou salariés, sauf outil prévu pour ça ;
  • les dossiers du personnel (arrêts maladie, sanctions) ;
  • tout ce qu’un contrat ou un secret professionnel vous interdit de transmettre à un prestataire.

Pour le reste, la bonne pratique est de commencer petit : une boîte mail, un agenda, un agent. Vous élargissez quand vous avez vu, dans le journal, ce qu’il fait réellement.

Questions fréquentes

Un agent IA peut-il supprimer mes e-mails ?

Seulement si l’accès que vous lui donnez le permet. Regardez la liste des permissions demandées au moment de la connexion : lecture, envoi, suppression ne sont pas la même chose. Chez Extra, l’accès Google demandé couvre la lecture et l’envoi des e-mails, et la lecture et la gestion des événements.

Que se passe-t-il pour mes données si j’arrête l’abonnement ?

C’est une question à poser par écrit avant de signer. La bonne réponse indique un délai de suppression, la possibilité d’exporter vos données avant, et ce qui reste chez les fournisseurs de modèles (par exemple, jusqu’à 30 jours de journaux de contrôle des abus chez OpenAI).

Mes clients doivent-ils savoir que j’utilise un agent IA ?

Ils doivent savoir que vous utilisez des prestataires pour traiter leurs données, ce qui passe par votre politique de confidentialité. Et si l’agent leur parle directement, ils doivent savoir que c’est une IA, en vertu de l’article 50 de l’AI Act.

En résumé

  • Un agent IA voit ce que vous connectez, rien de plus.
  • Les données sont stockées chez l’éditeur, puis traitées par un modèle, souvent aux États-Unis.
  • Les API professionnelles d’OpenAI et d’Anthropic n’entraînent pas leurs modèles sur vos données par défaut.
  • L’éditeur est votre sous-traitant au sens du RGPD : contrat, registre, information.
  • Exigez des accès séparés, un journal et un bouton pour retirer.

Pour aller plus loin : ce qu’un agent IA fait pour une PME et les tarifs d’Extra.

Sources

  1. CNIL, « Sous-traitants : la réutilisation de données confiées par un responsable de traitement », 11/01/2022
  2. OpenAI, « Data controls in the OpenAI platform », consulté le 03/11/2026
  3. Anthropic, « Commercial Terms of Service », en vigueur le 17/06/2025
  4. Entreprendre.Service-Public.fr, « Obligations RGPD en matière de protection des données personnelles », consulté le 03/11/2026
  5. Règlement européen sur l’IA, article 50, « Obligations de transparence », consulté le 03/11/2026

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